Nicolas Croce

J'apprends La Photographie

Sans doute la meilleure façon d'apprendre la photo :
Simple, Clair et sans langage technique.

Par Nicolas Croce : photographe et auteur du livre best-seller J’apprends la photographie et l'Essentiel De La Photo.

Vous voulez apprendre la photo ? Découvrez : les Workshops, les Livres, les Formations

Comment améliorer votre vitesse de lecture tout en gardant un excellent niveau de compréhension

Dans mon article précédent (Lecture rapide, les mensonges qu’on vous raconte), nous avons vu que les techniques proposées par les spécialistes de la lecture rapide ne permettaient pas d’augmenter votre vitesse de lecture tout en gardant un bon niveau de compréhension.

Leurs techniques sont efficace, elles permettent réellement d’augmenter votre vitesse de lecture, mais c’est au détriment de votre compréhension. 

Plus vous lisez vite, moins vous comprenez.

La question que nous nous posions alors était de s’avoir s’il existait des techniques nous permettant d’augmenter notre vitesse de lecture tout en conservant un excellent niveau de compréhension.

La réponse est oui, et c’est ce dont je vais vous parler aujourd’hui. Mais attention : si vous cherchez un remède miracle, une méthode capable de doubler votre vitesse de lecture en seulement quelques heures, vous allez être déçu.

Vous avez du mal à régler votre appareil photo ?

Simple, sans langage technique et accessible aux débutants, mon nouveau livre l'Essentiel De La Photo vous aidera à comprendre le triangle de l’exposition et à sortir du mode auto de votre appareil photo. Il a déjà aidé plus de 7 000 photographes à progresser. C'est le compagnon idéal pour apprendre la photo.

Découvrez-le ici   Mes autres livres

Comme toujours, ce qui est important et efficace est également ce qui est long et difficile.

Pour augmenter votre vitesse de lecture tout en gardant un excellent niveau de compréhension, vous devez y consacrer du temps et accepter de faire des efforts qui ne paieront qu’à long terme.

Mais le jeu en vaut la chandelle. En récompense de vos efforts, vous acquerrez une compétence de lecture que seules peu de personnes possèdent1.

Entrainez-vous à lire

Les bénéfices des entrainements sont largement reconnus dans le milieu du sport ou celui de la musique. On n’imagine pas un athlète être efficace et gagner un championnat sans qu’il ait passé des heures à s’entrainer.

Mais les entrainements sont également importants et efficaces pour les taches qui requièrent une compétence cognitive. La lecture ne fait pas exception à cette règle.

Les sportifs s’entrainent, les musiciens s’entrainent, les photographes s’entrainent, alors pourquoi pas les lecteurs ?

Le choix des compétences travaillées pendant un entrainement est capital. Le simple fait de vous entrainer ne vous garantit pas de progresser. Vous devez vous entraîner, oui, mais vous devez le faire de manière efficace.

On n’imagine pas qu’un sportif dont le seul entrainement consiste à soulever de la fonte dans une salle puisse être performant lors d’une compétition de natation. La musculation peut faire partie du programme d’entrainement d’un nageur, mais n’est en aucun cas suffisante. 

Pour qu’un entrainement soit efficace, il doit inclure la pratique de l’activité en elle même. En d’autres termes, pour vous entrainer efficacement à la lecture, vous devez lire.

Plus vous lirez, plus vous améliorerez votre vitesse de lecture tout en conservant un excellent niveau de compréhension.

S’exercer à lire, et plus particulièrement s’exercer à lire dans le but de comprendre ce que vous lisez, est le meilleur moyen d’améliorer votre vitesse de lecture.

L’objectif de l’entrainement d’un lecteur

Pour améliorer votre vitesse de lecture, vous devez pratiquer la lecture dans le but de mieux identifier et mieux comprendre les mots que vous lisez.

Contrairement à ce que la plupart des programmes de formation à la lecture rapide vous conseillent, vous entrainer à acquérir des informations visuelles plus rapidement ne sert à rien.

Comme nous l’avons déjà vu2, notre vitesse de lecture dépend plus de nos compétences linguistiques — la façon dont nous sommes capables d’interpréter les signes que nous lisons et de les transformer en un langage qui nous est familier, naturel et que nous comprenons : le langage oral — que de notre capacité à contrôler nos yeux.

Si les informations visuelles arrivent plus vite que votre système de compréhension n’est capable de les traiter, vous perdez en compréhension.

Quelle que soit la méthode utilisée, vous entrainer à parcourir un texte plus rapidement ne vous permettra jamais d’augmenter votre vitesse de lecture tout en gardant un bon niveau de compréhension.

Pour devenir un meilleur lecteur, le plus important est d’améliorer vos compétences linguistiques.

Dans l’étude « So Much to Read, So Little Time » publiée en janvier 2016 par un groupe de chercheurs américains, plusieurs exemples sont avancés pour appuyer cette thèse :

Fréquence d’occurence des mots

L’un des facteurs qui a le plus d’influence sur le temps qu’il vous faut pour reconnaitre et comprendre un mot est sa fréquence d’apparition — c’est à dire le nombre de fois ou vous avez déjà lu ce mot.

La durée de fixation de votre oeil sur un mot — c’est à dire le temps pendant lequel votre oeil s’arrête sur un mot pendant votre lecture, pour laisser le temps à votre cerveau de le reconnaitre et de le comprendre — est plus courte pour un mot commun que pour un mot rare.

En lisant — tout comme en écoutant —, les mots communs et familiers demandent moins de temps pour être reconnus que les mots plus inhabituels. Vous reconnaîtrez plus facilement le mot « maisons » que le mot « canopée », bien que ces deux mots comportent tous deux 7 lettres.

Cependant, à force de lire le mot « canopée », sa fréquence d’occurence dans votre expérience de lecteur augmente. Ainsi, plus vous lirez un mot inhabituel, plus il deviendra familier, et plus vous serez capable de le lire rapidement.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez modifier la fréquence d’apparition des mots grâce à la pratique.

Plus le nombre de fois où vous avez lu un mot augmente, plus il vous sera facile de le reconnaitre et de le comprendre.

Lire plus souvent, et lire des textes variés, vous permet d’améliorer votre vocabulaire — c’est à dire le nombre de mots que vous connaissez et comprenez — et augmente le nombre d’occurrences de chaque mot dans votre expérience de lecteur. 

Cet entrainement vous permettra d’améliorer votre vitesse de lecture générale beaucoup plus efficacement que si vous relisiez encore et encore le même texte — même en vous forçant à le lire vite.

Contexte et prévisibilité

Le contexte d’une phrase aide également le lecteur à reconnaitre les mots.

Par exemple, un contexte contraignant — c’est à dire un contexte qui rend un mot plus prévisible dans une phrase — fera que le temps de fixation de votre oeil sur un mot sera moins important que si ce même mot avait été précédé d’une phrase au contexte neutre — c’est à dire une phrase qui pourrait être complétée par une grande variété de mots.

Un contexte contraignant améliore également le temps nécessaire au cerveau pour déclencher une réponse à un mot particulier3.

Un lecteur passe donc moins de temps sur un mot prévisible — à cause du début de la phrase ou des phrases précédentes — que sur le même mot s’il était placé dans un contexte qui le rend imprévisible.

Lorsque vous lisez un texte, améliorer votre connaissance du langage vous permettra de faire de meilleures prévisions quant au prochain mot qui se présentera devant vos yeux — et également de faire des déductions plus étendues :  parfois plusieurs mots voir même des expressions entières. Et qui dit de meilleures prévisions dit une meilleure vitesse de lecture.

Encore une fois, il est important de lire beaucoup et de choisir des textes variés pour améliorer votre connaissance du langage.

D’autant plus que le langage écrit présente un vocabulaire et des structures syntaxiques qui ne sont pas communément employées à l’oral. Plus vous lirez, plus vous serez habitué à les rencontrer, et plus vous serez capable de les lire et de les comprendre rapidement.

Concentrez-vous

Lire et surtout comprendre un texte demande de l’attention et de la concentration.

Vous ne vous en apercevez peut-être pas mais, à chaque fois que vous êtes interrompu pendant que vous lisez, il vous faut plusieurs secondes pour retrouver votre concentration et reprendre votre vitesse de lecture initiale4.

Plus vous serez concentré et éviterez les distractions, plus vous serez capable de lire vite tout en gardant un excellent niveau de compréhension.

Evitez les distractions

La façon la plus simple d’améliorer votre concentration est d’éliminer les distractions. 

Moins vous serez distrait pendant vos lectures, plus vous serez efficace et rapide.

Autour de vous, les sources de distractions sont partout : les autres personnes, votre smartphone, votre ordinateur, les bruits, la télévision, etc.

Certaines distractions peuvent même venir de l’intérieur, c’est à dire de votre esprit qui, pendant que vous lisez, s’égare et pense à autre chose : vos soucis, une tache en suspens ou un problème qui n’a pas été résolu, le ressenti d’une douleur physique, etc.

Voici quelques pistes pour limiter ces distractions : 

  • Isolez-vous seul dans une pièce : si vous le pouvez, installez-vous dans une pièce vide, où vous êtes seul, et fermez la porte derrière vous.
  • Levez-vous un peu plus tôt : si vous avez du mal à trouver des moments pour lire dans la journée, essayez de vous lever un peu plus tôt que d’habitude — idéalement avant les autres membres de votre famille. Vous pourrez ainsi profiter de ce moment de calme et de solitude pour lire sans être dérangé.
  • Attention aux notifications :  avant de vous installer pour lire, pensez à activer votre répondeur, couper les notifications, mettre votre téléphone en mode avion et éteindre votre ordinateur. 
  • Choisissez le bon endroit : votre canapé n’est certainement pas le meilleur endroit pour lire. Si vous le pouvez, mieux vaut vous installer à votre bureau ou sur une chaise devant une table. Votre cerveau est conditionné pour travailler lorsque vous vous asseyez à votre bureau, alors qu’il est conditionné pour se détendre et être distrait lorsque vous vous installez sur votre canapé.
  • Eteignez la télé : il est impossible de travailler ou de lire efficacement avec la télé allumée, même si vous ne la regardez pas directement. Lorsqu’une personne parle, elle peut ruiner votre concentration pour plusieurs minutes. Idem pour la radio. Même si cette station passe de la musique, il y a régulièrement des spots de pub, le présentateur annonce la suite du programme, ou les actualités.
  • Videz-vous la tête : lorsque quelque chose traverse votre esprit — que ce soit une idée, une tâche que vous avez oublié ou un problème non résolu —, votre cerveau a du mal à se concentrer. Il ressasse cette idée, de peur de l’oublier. Le meilleur moyen de vous libérer l’esprit et de retrouver votre concentration est de noter par écrit cette pensée qui occupe votre cerveau. C’est — entre autres — pour résoudre ce problème là que j’ai créé le Journal Idéal. Il vous permet de noter ces pensées qui traversent votre esprit et un système vous assure, chaque semaine, de les relire. Il vous permet ainsi de vous vider la tête pour améliorer votre concentration et votre créativité, tout en vous assurant de ne jamais oublier une bonne idée.

Soyez plus concentré

Lorsque vous lisez, il vous arrive probablement de lire machinalement une ligne ou deux avant de vous apercevoir que vous n’avez pas « enregistré » ce qui était écrit et de revenir en arrière pour les relire.

Ce problème vient d’un manque de concentration. Si vous n’êtes pas assez concentré, votre esprit a tendance à vagabonder et votre lecture devient moins efficace : vous lisez moins vite, vous comprenez moins bien, et vous retenez moins facilement.

Voici quelques pistes pour vous aider à rester concentré sur votre lecture :

  • Ecoutez de la musique : écouter de la musique vous permet de vous isoler et de bloquer les bruits extérieurs qui pourraient vous déconcentrer pendant que vous lisez (les personnes qui parlent dans une pièce voisine, votre fils qui regarde la télé, la voiture qui klaxonne dans la rue, etc.). Pour être encore plus efficace, choisissez un morceau de musique — de préférence sans paroles — et écoutez-le en boucle. Utilisez également des écouteurs plutôt que des hauts-parleurs. Ils sont plus efficaces pour vous isoler du monde extérieur.
  • Lisez au meilleur moment de la journée : si vous savez que vous êtes plus concentré et plus efficace le matin juste après votre réveil, faites en sorte de lire à ce moment là. En général, lire le soir lorsque vous êtes fatigué est moins efficace. Mieux vaut donc vous coucher tôt, avancer votre réveil, et profiter de vos meilleures heures pour lire.
  • Fixez-vous un objectif simple : Avant de vous mettre à lire, fixez-vous un objectif de temps simple à atteindre. Par exemple, votre objectif pourrait être de lire — en étant concentré et en ne faisant rien d’autre — pendant 15 minutes. Un tel objectif vous motivera à démarrer votre lecture et, bien souvent, une fois absorbé par votre livre, vous dépasserez votre objectif sans même vous en apercevoir. Si 15 minutes de lecture se transforment en une heure, c’est une bonne chose5.
  • Faites régulièrement de petites pauses : si vous avez beaucoup à lire dans la journée — pour des recherches par exemple — pensez à faire régulièrement de petites pauses. La technique Pomodoro6 est bien adaptée à la lecture : réglez un minuteur sur 25 minutes. Quand il sonne, faites une pause de 5 minutes. Touts les 4 cycles — soit environ toutes les 2 heures — faites une pause plus longe de 30 minutes7.
  • Lisez de manière active : lorsque vous lisez, soyez actif. Plutôt que de lire passivement, surlignez les passages importants, prenez des notes, écrivez dans la marge de votre livre. Plus vous serez actif, plus vous serez engagé et concentré sur votre lecture. 
  • Lisez ce qui vous intéresse seulement : si vous êtes toujours déconcentré pendant que vous lisez, c’est peut-être que votre lecture ne vous intéresse pas ou ne vous apporte rien. Avant de lire quoi que ce soit, demandez-vous pourquoi vous lisez ce texte et en quoi les informations que vous y trouverez vous seront utiles. Si un texte — un paragraphe, un chapitre, parfois même un livre tout entier — ne vous sert à rien, ne perdez pas de temps à le lire. Ne pas faire quelque chose qui ne vaut pas la peine d’être fait est un excellent moyen de gagner du temps.
  • Prenez conscience de vos pensées : lorsque vous lisez, prenez conscience que votre esprit s’est égaré et ramenez-le gentiment à votre texte. Si vous vous apercevez qu’il s’égare trop souvent, prenez quelques instants pour comprendre d’où vient le problème : quelque chose vous distrait ? Comment pouvez-vous l’éviter ? Peut-être êtes vous fatigué ? Peut-être que votre lecture ne vous intéresse pas ? Plus vous prendrez conscience de vos problèmes, plus vous serez à même de les résoudre. Plutôt que de vous forcer ou de vous dire que vous êtes un incapable, réfléchissez. C’est toujours plus efficace.

Entrainez votre concentration

Votre concentration est comme un muscle : elle s’améliore si vous l’entrainez.

En pratiquant régulièrement des activités qui demandent de la concentration, il vous sera de plus en plus facile de rester concentré pendant de longues périodes de temps. 

Comme un sportif peut travailler son endurance physique, vous pouvez travailler votre « endurance mentale ».

De plus, tout comme l’échauffement permet à un sportif d’être au meilleur de sa forme dès le début d’un match, des techniques vous permettent d’entrainer votre cerveau à se concentrer rapidement et à la demande.

Voici quelques conseils pour améliorer votre concentration : 

  • Prenez l’habitude de ne faire qu’une seule chose à la fois : le meilleur moyen d’améliorer votre concentration est de l’utiliser aussi souvent que possible. Lorsque vous faites une activité — quelle qu’elle soit — faites votre maximum pour vous concentrer dessus et ne pas faire plusieurs choses à la fois. Lorsque vous cuisinez, ne faites que cuisiner et concentrez-vous sur la façon dont vous maniez les instruments de cuisine. Lorsque vous lisez, ne faites que lire et concentrez-vous sur votre texte. Lorsque vous faites du sport, ne faites que faire du sport et concentrez-vous sur la façon dont vous exécutez les mouvements.
  • Fonctionnez en bloc de temps : il existe plusieurs façons de diviser une heure. Ça peut être 1 x 60 minutes, 2 x 30 minutes, 4 x 15 minutes. Si vous consacrez 1 x 60 minutes à une tâche, vous vous apercevrez que vous aurez accompli beaucoup plus que si vous lui aviez accordé 4 x 15 minutes. Quelle que soit l’activité, essayez toujours de lui accorder un bloc de temps aussi important que possible — ou que nécessaire — et évitez de diviser votre temps en d’innombrables miettes de quelques minutes. Un exemple simple : plutôt que de regarder vos mails toutes les 10 minutes, pourquoi ne pas définir deux ou trois blocs de temps dans la journée pour les traiter. Créer un planning de votre semaine idéale — c’est à dire un planning ou les blocs de temps principaux et les taches à accomplir sont inscrits noir sur blanc, par exemple : le jeudi après-midi je regroupe tous mes rendez-vous — est un bon moyen d’aller dans ce sens là. Le planning de votre semaine idéale est d’ailleurs l’un des outils à votre disposition dans le Journal Idéal.
  • Mettez en place un rituel de concentration : vous connaissez certainement les expérimentations de Ivan Pavlov8 qui démontra l’existence des « réflexes conditionnels9 ». En quelques mots : lorsqu’un chien voit une gamelle pleine, il se met à saliver. Si on fait sonner une cloche à chaque fois qu’on montre cette gamelle au chien, il s’habitue à ce signal et l’associe à sa gamelle. Au bout de quelques temps, si la cloche sonne, le chien se met à saliver — qu’il voit la gamelle ou pas. De la même manière, vous pouvez habituer votre cerveau à se concentrer à la demande. Pour cela, mettez en place un rituel et répétez-le à chaque fois que vous voulez vous concentrer. Par exemple, avant de m’installer à mon bureau pour écrire, je me fais un café ou un thé, je le pose sur mon bureau, je ferme ma porte, je mets mes écouteurs, je lance la musique et je me mets au travail. J’ai répété ce rituel des dizaines de fois et aujourd’hui, quand je le répète, je suis concentré quasiment instantanément. Mieux, je peux réduire ce rituel à un seul élément : mettre mes écouteurs. Quand j’ai du mal à me concentrer, je mets mes écouteurs sur les oreilles — même pas besoin de mettre de musique — et, comme par magie, il m’est ensuite plus facile de me concentrer.
  • Asseyez-vous en silence et méditez : la méditation est le meilleur moyen que je connaisse pour améliorer votre concentration. Le principe est simple : asseyez-vous en silence, localisez un endroit de votre corps où vous ressentez votre respiration — par exemple votre poitrine qui monte et descend, ou l’air chaud qui sort de vos narines ou au niveau de votre gorge — et fixez-vous sur ce mouvement. Quand une pensée traverse votre esprit — ce qui arrivera obligatoirement — imaginez qu’elle ne fait que passer dans votre cerveau — elle entre par une oreille et ressort par l’autre sans vous déranger — et ramenez votre attention sur votre respiration. Pour vous aider à débuter la méditation, il existe des dizaines d’applications à installer sur votre smartphone10. Si la méditation ne vous inspire pas, le simple fait de passer quelques minutes en silence chaque jour vous permettra d’améliorer votre concentration — et aura également des effets bénéfiques sur votre cerveau, votre santé et votre bien-être11.

Conclusion

Améliorer votre vitesse de lecture tout en gardant un excellent niveau de compréhension est tout à fait possible, mais demande du temps et des efforts. Autrement dit : il n’existe pas de remède miracle qui vous permette de doubler votre vitesse de lecture en quelques jours.

Pour améliorer votre vitesse de lecture, deux moyens sont à votre disposition :

  1. Améliorer votre connaissance du langage en lisant aussi souvent que possible et en choisissant des textes variés. Ceci vous permettra  d’améliorer votre vocabulaire — c’est à dire le nombre de mots que vous connaissez — ainsi que la fréquence d’occurence des mots que vous lisez — c’est à dire le nombre de fois où vous avez déjà lu un mot. Vous serez ainsi plus efficace pour reconnaitre et comprendre les mots que vous lisez, ce qui améliorera votre vitesse de lecture. Vous serez également capable, quand le contexte s’y prête, de prédire la fin de certaines phrases ou expressions, ce qui vous permettra de sauter des mots et d’améliorer encore votre vitesse de lecture.
  2. Améliorer votre concentration en évitant les distractions et en entrainant votre cerveau à se focaliser sur une tâche unique. Chaque distraction, chaque vagabondage de votre esprit, ralentit votre vitesse de lecture et diminue votre capacité à comprendre et à mémoriser ce que vous lisez.

Dans cet article, nous nous sommes fixé comme objectif de lire un texte plus rapidement, tout en gardant un excellent niveau de compréhension. Mais est-ce réellement là notre objectif principal ? Est-ce que quand nous commençons un livre, notre objectif est simplement de le lire pour le simple plaisir de le lire ? C’est parfois le cas — si vous lisez un poème par exemple — mais, bien souvent, notre objectif est différent — surtout quand il s’agit de livres de non-fiction.

Si nous y réfléchissons, la lecture n’est pas une fin en soit mais plutôt un moyen d’atteindre notre véritable objectif : tirer autant de bénéfices que possible des livres que nous lisons.

Plus vite nous sommes capables de tirer les enseignements d’un ouvrage, plus vite nous pouvons passer au suivant pour en tirer d’autres bénéfices.

Ce constat nous ouvre des perspectives intéressantes. Par exemple, si vous vous attaquez à un livre de 500 pages et que vous n’en lisez que 250, que se passe-t-il ? Vous doublez la vitesse à laquelle vous terminez ce livre.

Vous devez certainement vous demander pourquoi sauter la moitié des pages d’un livre. Tout simplement parce qu’elles peuvent ne pas être intéressantes ou ne pas vous apporter grand chose.

Et c’est là que réside le secret des personnes qui lisent un grand nombre de livres chaque année : ils ne lisent pas l’intégralité des livres qu’ils commencent. 

Les meilleurs lecteurs lisent beaucoup plus de livres que vous, mais ne lisent pas beaucoup plus de mots que vous.

Ils se concentrent sur l’essentiel. Ils sont capables de repérer les passages les plus intéressants — parfois seulement quelques chapitres ou quelques paragraphes d’un livre — et les lisent attentivement pour en tirer tous les bénéfices possibles. Pour le reste, ils le survolent ou ne le lisent pas du tout.

Pour arriver à ce résultat, les meilleurs lecteurs appliquent une méthode qui leur permet, avant même de s’attaquer à la lecture d’un livre, de comprendre s’il doit être lu dans son intégralité, en partie, ou parfois même pas du tout. 

Appliquer une telle méthode vous permettra réellement de doubler — voir même plus — le nombre de livres que vous terminerez dans l’année. 

Je vous expliquerai cela dans le prochain article que je publierai sur le blog.

Notes   [ + ]

1. Peu de gens font l’effort d’investir sur leur propre personne, alors que c’est extrêmement important. Rappelez-vous que vous êtes la seule chose avec laquelle vous êtes certain de passer tout le reste de votre vie.
2. Relire à ce sujet l’article intitulé « Lecture rapide, les mensonges qu’on vous raconte »
3. Voir l’étude « Brain potentials during reading reflect word expectancy and semantic association »
4. Ceci est d’ailleurs vrai quelle que soit votre activité. Si vous avez l’impression de passer des heures au travail mais de ne pas avancer sur vos projets, comptez le nombre de fois ou vous êtes interrompu ou distrait dans la journée, vous serez surpris. A lire à ce sujet : « It doesn’t have to be crazy at work » écrit par Jason Fried et David Heinemeier Hansson
5. 15 minutes qui se transforment en une heure est une bonne chose pour la lecture, mais par pour les activités sans grand intérêt comme la télé ou les réseaux sociaux. Apprenez à fixer des limites strictes pour les activités qui ne vous apportent rien, et des limites fluides pour les activités importantes.
6. Wikipédia : Technique Pomodoro
7. De nombreux minuteurs ou applications basées sur cette technique existent sur le marché.
8. Wikipédia : Ivan Pavlov
9. On parle souvent de « réflexes conditionnés », mais « réflexes conditionnels » est plus adapté. Le contre-sens vient à l’origine d’une traduction du Russe qui s’est avérée inexacte.
10. Deux applications à vous conseiller : Oak et Headspace
11. Le silence améliore la santé de votre cerveau en l’aidant à régénérer ses cellules, à mieux stocker et évaluer les informations et diminuer le stress et l’anxiété. A lire à ce sujet : These Things Happen When You Spend Two Hours In Silence Every Day. Le silence améliore également votre santé et votre bien-être en réduisant votre pression sanguine, en renforçant votre système immunitaire ou encore en réduisant votre niveau de cortisol. A lire à ce sujet : The Hidden Benefits of Silence